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Au coeur du géant en béton. Une fois par mois, le barragiste Steve Fellay a rendez-vous avec le barrage de Mauvoisin dans le Haut Val de Bagnes. Besson Immobilier s’est invité l’espace d’une journée à l’accompagner lui et son équipe afin de découvrir leur univers au cœur du géant en béton. A travers le Haut-Val...

Au coeur du géant en béton.

Une fois par mois, le barragiste Steve Fellay a rendez-vous avec le barrage de Mauvoisin dans le Haut Val de Bagnes. Besson Immobilier s’est invité l’espace d’une journée à l’accompagner lui et son équipe afin de découvrir leur univers au cœur du géant en béton.

A travers le Haut-Val de Bagnes,  en chenillette…

Il est 7h00 du matin et nous sommes prêts à la centrale électrique de Fionnay. Les équipes se forment et les 3 barragistes se préparent. Nous partons dès que le jour se lève en chenillette pour rejoindre le hameau de Mauvoisin, site inaccessible  durant l’hiver hormis  pour les employés des FMM (Forces Motrices de Mauvoisin) ou quelques adeptes d’alpinisme ou de cascade de glace venus dompter ces sculptures éphémères. Les conditions sont idéales : pas de danger d’avalanche et le ciel sans nuage est parfaitement bleu et lumineux. Les températures négatives rendent la neige cristalline et la nature profite de ce froid glacial pour frimer avec ses airs de paysages himalayens.

Le voyage dure 45 minutes et il nous permet de faire connaissance avec Steve Fellay.  Ce Bagnard de 36 ans, père de deux petits enfants, travaille depuis 13 ans aux FMM en tant que mécanicien et barragiste. Steve Fellay est un véritable passionné. Il aime son travail qu’il ne changerait pour rien au monde. Il a l’impression de ne jamais avoir fait le tour. Le domaine est grand et le métier varié. Il faut être méticuleux, ne rien laisser au hasard. Toute mauvaise manipulation peut être grave de conséquences.

L’art d’ausculter le barrage

Steve nous décrit sa fonction de barragiste, qui consiste à quantifier les déformations subies par un barrage au fil du temps. Ainsi, il effectue toute une série de mesures protocolées soit, calculer les déformations subies par le barrage selon le niveau de l’eau à l’aide de pendules, calculer le débit d’eau d’infiltration, la température du béton, la pression, les tassements, etc.

Aujourd’hui Steve et ses collègues s’attèleront principalement à la prise des mesures sur les pendules. Une journée à sillonner des évidements aménagés à intervalles réguliers sur toute la hauteur du mur et, transversalement, le long du barrage leur permettant d’obtenir des valeurs grâce à ces fils à plomb géants accrochés au couronnement.

Mauvoisin, dans l’ombre du colosse

Nous voilà arrivés au chalet des barragistes dans le hameau de Mauvoisin. Les premiers rayons du soleil lèchent l’arête effilée qui relie les sommets du massif des Combins.   Après avoir déposé notre repas et bu le café, nous rejoignons le pied du barrage à moto par une galerie d’hiver. Steve, ancien champion de motocross dans le team Dupasquier est aussi à l’aise sur deux roues que sur ses deux pieds. C’est une prouesse car les galeries sont étroites et nous découvrons un véritable fromage à trous. La température intérieure est agréable, une moyenne de 7° C toute l’année avec un taux d’humidité approchant les 100 %.

Immersion dans le monstre pharaonique

Steve commence ses mesures avec l’aide d’un collègue. Nous suivons attentivement l’équipe de peur de nous perdre dans le dédale des 500 m de galeries.

Nous prenons l’ascenseur, nous marchons d’un point à un autre, revenons sur nos pas et enfin nous nous engouffrons dans des galeries à l’aide d’échelles vertigineuses. Un bel effort physique pour les barragistes, car il faut parfois faire l’aller-retour. Nous nous arrêtons à des points stratégiques afin de prendre les mesures. Une bonne connaissance de l’ouvrage est de mise.

En chemin, Steve nous explique qu’il a fait au début de sa carrière un brevet fédéral d’agent de maintenance. Mais pour lui, le métier de barragiste s’apprend principalement sur le terrain et permet de ne jamais cesser d’évoluer. Il se rappellera toujours de sa première erreur de débutant qui aurait pu mal tourner avec la bride d’une vanne. Mais il évoque aussi avec nous un souvenir qui restera à jamais inscrit dans sa mémoire: ne pouvant redescendre immédiatement en hélicoptère à l’issue d’une série de mesures hivernales sur le glacier du Giétro, à près de 2800m d’altitude par -22 C°, l’équipe de barragistes composée d’un guide de montagne décida de redescendre à pied au barrage. Equipée de crampons, baudrier, corde et piolet le retour sous le glacier fut un moment dantesque mais de pur bonheur pour Steve et son équipe.

Un cheminement vers la puissance et la magie du monde hydroélectrique

Puis, Steve, toujours animé par le désir de nous embarquer dans son monde, nous emmène visiter la centrale hydroélectrique puis les salles colorées abritant les vannes papillons, les vannes de crues, les vannes intermédiaires et de vidange de fond. C’est une expérience unique teintée par l’ambiance particulière du lieu et qui nous fait revivre la grande épopée de la maitrise de l’eau et de l’industrie hydroélectrique.

Un lac habillé de mille éclats de diamants

Monter au barrage sans admirer le lac en plein hiver aurait été un sacrilège. Nous sommes ainsi sortis des galeries, avons pu prendre un peu de hauteur afin d’admirer la splendeur du lac, de sa glace rauque, craquante, chantante et sifflante. Ce lac en hiver est un spectacle qui ne ressemble aucunement à celui de l’été. Le temps s’est arrêté de même que notre esprit semble s’être figé. Il est temps pour nous de redescendre dans la vallée. Nous quittons Steve et son équipe, la tête pleine de belles images, et le coeur rempli de joie d’avoir pu vivre cette aventure au fond de notre beau Val de Bagnes en compagnie de ces hommes de l’ombre.

Il est possible de visiter le barrage en été avec les FMM. Voici également un lien vers une idée de randonnée estivale au-dessus du barrage ou en e-bike autour du barrage.

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